Cowork, Work, Vibe Work : quatre façons de déléguer du travail à une IA

État des lieux mis à jour le 20 septembre 2026 (précision sur Dispatch le 27 septembre 2026), à partir des documentations officielles d’Anthropic, d’OpenAI, de Microsoft et de Mistral, relues page par page. Cet article prolonge notre comparatif du 27 août en y ajoutant Vibe Work de Mistral. La première version datait du 5 septembre ; en quinze jours, deux des quatre éditeurs ont changé des choses que nous présentions comme acquises.

Il y a un an, on « discutait » avec une IA. Aujourd’hui, les quatre grandes plateformes proposent un mode où l’on ne pose plus une question mais où l’on décrit un résultat. Chez ChatGPT, l’interrupteur s’appelle « Chat | Work », en haut de la page. Chez Microsoft, « Chat | Cowork ». Chez Mistral, « Chat | Work | Code », et l’éditeur a déjà annoncé que le mode Chat était voué à disparaître. Chez Claude, l’interrupteur existait aussi jusqu’au 16 septembre ; depuis, sur les plans Pro et Max, il n’y a plus qu’un seul Claude qui décide lui-même quand une demande mérite une tâche avec outils, fichiers et plan d’action. Le geste reste le même partout : l’IA planifie, ouvre vos outils, produit des fichiers, demande votre feu vert avant d’agir, et revient avec un livrable.

Derrière cette convergence de façade, les quatre éditeurs ont fait des choix très différents. Voici ce qui les distingue vraiment, sur les points qui comptent quand on veut confier du travail à un agent.

Ce qui a bougé en quinze jours

  • Anthropic a fusionné le chat et Cowork le 16 septembre (« Claude Cowork is now just Claude »), lancé Claude Docs et Claude Slides en bêta, publié le modèle Fable 5.1 le 1er septembre, et intégré un navigateur au panneau de l’application de bureau le 26 août.
  • OpenAI a sorti GPT-6 Astra le 3 septembre, créé des sièges Business « Premium » à 100 $ le 24 août, activé les déclencheurs événementiels des tâches planifiées le 25 août, et annoncé le 11 septembre le retrait des GPT personnalisés au profit des plugins.
  • Microsoft a ajouté Claude Fable 5.1 et GPT 6 Astra au sélecteur de Cowork, passé le pilotage local du navigateur Edge en disponibilité générale, et ouvert les tâches déclenchées par un mail ou un message Teams.
  • Mistral n’a pas touché à Vibe Work sur la période ; l’actualité est ailleurs (levée de 3 milliards d’euros le 8 septembre, endpoints régionaux d’inférence en Europe ou aux États-Unis depuis le 11 août).

Où le travail s’exécute

C’est la première question, et elle est rarement posée.

Chez Claude, une tâche tourne soit dans le cloud (« bac à sable isolé et temporaire sur l’infrastructure d’Anthropic », créé au démarrage, détruit à la fin, sans accès à votre réseau), soit sur votre poste, dans une machine virtuelle Linux isolée du système par l’hyperviseur (Apple Virtualization sur Mac, Hyper-V sur Windows). Ce mode local, décrit dans la documentation d’architecture, passe par l’application de bureau. Il ne faut pas le confondre avec Dispatch, qui permet d’écrire à Claude depuis son téléphone pour qu’il travaille sur l’ordinateur de bureau (allumé, application ouverte), en bêta limitée sur Pro et Max. Le mode local donne accès aux dossiers que vous avez explicitement partagés (depuis le 4 septembre, on peut rattacher tout le dossier personnel ou un disque entier), au navigateur intégré, et à l’écran (« Computer use », en bêta sur Pro et Max, application de bureau uniquement, pas sur Linux). Subtilité utile : une session cloud peut lire et écrire dans vos dossiers locaux tant que l’application de bureau reste ouverte ; si vous la fermez, la session continue mais perd l’accès aux fichiers.

Chez OpenAI, ChatGPT Work distingue « Work Cloud » (web, mobile, bureau) et « Work Local » (application de bureau uniquement, avec accès aux fichiers locaux « limité aux fichiers dont la tâche a besoin »). Nuance importante lue dans la documentation : « les messages et le contexte de la tâche peuvent être stockés dans le cloud, même quand le travail s’exécute localement ».

Chez Microsoft, Copilot Cowork « traite les fichiers dans un environnement temporaire et isolé, à l’intérieur de la frontière de service Microsoft 365 », détruit à la fin de la tâche. La FAQ est nette : Cowork « ne peut ni accéder ni modifier les fichiers stockés localement sur votre appareil ». Il travaille sur OneDrive, SharePoint, Teams et Outlook, et ne supprime jamais de fichier. C’est cohérent avec la philosophie Microsoft : votre travail est déjà dans le tenant. L’exception, c’est le pilotage local du navigateur (« Local browser use »), en disponibilité générale depuis août, mais uniquement quand Cowork est ouvert dans Edge (version 152 et plus), et après activation par l’administrateur.

Chez Mistral, Vibe Work tourne dans le cloud, depuis le web ou l’application mobile, avec un éditeur intégré (« Canvas ») pour relire et retoucher les productions. Work ne connaît que les fichiers que vous téléversez ou ceux qu’il atteint via un connecteur. L’accès au disque local existe chez Mistral, mais du côté de Vibe Code (l’outil en ligne de commande, qui a « accès en lecture et écriture au système de fichiers, et à un shell »), pas dans Work.

Ce que ça change : si vos données sensibles sont dans un dossier local et que vous ne voulez pas qu’elles remontent, seules deux plateformes vous laissent le choix, et une seule (Claude) documente un mode où l’agent lui-même tourne sur la machine.

Comment l’agent accède à vos outils

Un agent sans outils est un chatbot qui rédige des plans. Les quatre plateformes ont donc bâti des catalogues, mais à des échelles très différentes, et surtout avec des règles différentes sur qui a le droit de brancher quoi.

L’annuaire de Claude affiche 824 connecteurs, dont Microsoft 365 (lecture par défaut, écriture optionnelle : envoi de mails, événements de calendrier, fichiers OneDrive et SharePoint, messages Teams), Google Workspace, Slack, Notion, Atlassian, HubSpot. Salesforce est arrivé le 15 septembre sous forme de plugin en bêta, avec 37 skills commerciales pré-écrites. Les connecteurs MCP personnalisés sont disponibles sur tous les plans, y compris gratuit (limité à un sur Free).

ChatGPT a remplacé son App Directory par un Plugin Directory le 9 juillet. Un plugin « peut contenir des skills, des apps, ou les deux ». OpenAI ne publie pas de total. Point d’attention pour les entreprises : en plan Business, « seuls les administrateurs et propriétaires peuvent activer le mode développeur et déployer une app », et « les apps ne peuvent pas être mises à jour après publication » (il faut recréer et republier) ; les plans Enterprise et Edu ont, eux, un bouton de rafraîchissement. Depuis le 11 septembre, OpenAI a aussi annoncé le retrait progressif des GPT personnalisés au profit des plugins.

Microsoft joue une autre partition. La liste officielle des plugins compte quatre plugins Microsoft (Dynamics 365 Sales, Customer Service, ERP, Fabric IQ) et environ 145 plugins partenaires, distribués par le Microsoft 365 App Store et qu’un administrateur doit rendre disponibles. On y trouve Asana, Box, Canva, Gmail, HubSpot, Linear, monday.com, Notion, Trello, Zapier, Azure DevOps. On n’y trouve ni Jira, ni Salesforce, ni ServiceNow, ni Slack, ni GitHub. L’atout de Copilot Cowork n’est pas là : c’est l’accès natif à vos mails, fichiers, réunions, personnes et conversations, que Microsoft appelle Work IQ dans sa communication et « Enterprise Search » dans la liste des skills intégrées de Cowork.

Mistral annonce « plus de 100 connecteurs » (Atlassian, Box, GitHub, Gmail, Google Drive, Notion, Outlook, SharePoint, Slack, Stripe, Salesforce, ServiceNow, HubSpot, BigQuery, Snowflake, Databricks…) avec une compatibilité MCP complète. L’ajout d’un connecteur MCP personnalisé est « une fonctionnalité réservée aux administrateurs » ; sur les plans Free, Pro et Student, le titulaire du compte est administrateur par défaut. Les données qui transitent par les connecteurs ne sont « jamais utilisées pour entraîner ou affiner » les modèles.

Ce que ça change : la question n’est pas « combien de connecteurs » mais « les miens sont-ils là, et qui a le droit de les brancher ».

Qui approuve quoi

C’est le sujet que nous trouvons le plus intéressant, parce que c’est là que se joue la confiance. Et c’est aussi celui où notre version du 5 septembre a le plus vieilli.

Claude proposait trois modes par tâche : « Manually approve », « Automatically approve », « Skip all approvals ». Depuis la fusion du 16 septembre, la nouvelle expérience (Pro et Max d’abord) n’en garde que deux : « Manual », par défaut, et « Auto ». Les trois modes restent en place sur Team et Enterprise, où l’administrateur dispose d’un interrupteur « Allow ‘Automatically approve’ mode » et d’un second, désactivé par défaut, pour autoriser le « Always allow » sur les outils des connecteurs.

ChatGPT a quatre niveaux pour les apps : « Always ask », « Allow read actions », « Allow low-risk actions », « Allow all actions ». Contrairement à ce que nous écrivions, le réglage par défaut n’est pas « Always ask » mais « Allow low-risk actions » : les lectures et les actions à faible risque passent seules, et les actions sensibles (envoyer un mail ou un message, créer, modifier ou supprimer, changer un partage ou un accès, acheter, transférer de l’argent, divulguer des données personnelles) déclenchent une confirmation. Dans un workspace géré, la politique de l’organisation prime sur celle de l’utilisateur.

Microsoft demande une approbation avant chaque action importante (bouton Send, Post ou Create). Le menu d’options est le plus granulaire des quatre : pour un mail ou un message Teams, on peut autoriser « seulement vers » un destinataire, « seulement vers » un domaine, ou « toujours » ; pour les autres actions, « Approve & don’t ask again » ; et « Approve All » quand plusieurs approbations attendent. Ces autorisations « ne s’appliquent qu’à la session en cours » et se révoquent dans le panneau Permissions. L’interface signale aussi le niveau de risque des actions moyennes et élevées.

Mistral demande l’approbation avant toute action qui modifie un système externe, avec trois réponses : « Continue » (cette fois seulement), « Always allow » (pré-autorise la fonction pour la session), « Decline ». La documentation recommande explicitement de « pré-autoriser les fonctions en lecture seule » et de « garder les fonctions interactives en approbation manuelle, surtout les suppressions ». Les permissions se règlent fonction par fonction, pour chaque utilisateur ; les administrateurs peuvent couper un connecteur pour toute l’organisation.

Ce que ça change : sur les quatre, le réflexe sain est le même. Lecture automatique, écriture validée. Ce qui varie, c’est la finesse du réglage, la valeur par défaut (ChatGPT est le seul à laisser passer des écritures « à faible risque » sans demander), et la capacité d’un administrateur à verrouiller le comportement de toute l’organisation.

Jusqu’où l’agent travaille sans vous

Toutes les plateformes ont des tâches planifiées. Les différences sont dans les détails, et les détails sont parlants.

Claude : fréquence horaire, quotidienne, hebdomadaire ou en semaine, sur tous les plans payants. Les tâches planifiées « s’exécutent à distance, donc à leur cadence même quand votre ordinateur dort ou que l’application est fermée », et peuvent être rattachées à un projet dont elles héritent les instructions, fichiers et connecteurs. Aucun déclencheur événementiel dans Claude ; ils existent en revanche dans Claude Code, l’outil pour développeurs, sous forme de « routines » déclenchées par un appel d’API ou un événement GitHub, en avant-première.

ChatGPT : 3 tâches actives en Free, 5 en Plus, 10 en Business, 15 en Pro et Enterprise, à une fréquence horaire au maximum sur les plans payants. Depuis le 25 août, les tâches peuvent être déclenchées par un événement : un mail Gmail qui arrive (filtrable par expéditeur ou objet), un message dans un canal Slack (à condition d’y ajouter @ChatGPT), une activité sur une pull request GitHub, avec un plafond de 30 exécutions par heure et 720 par jour. Sur Enterprise et Edu, l’administrateur doit l’autoriser. Les Workspace Agents, fonctionnalité distincte réservée à Business et Enterprise, vont plus loin : un agent avec sa propre mémoire, ses skills, et un canal Slack où il répond quand on le mentionne.

Microsoft : 25 prompts planifiés par utilisateur, et depuis août des tâches déclenchées « quand vous recevez un mail », « quand un message arrive dans un canal Teams » ou « dans une conversation Teams », avec l’option de ne réagir qu’aux @mentions. Ces tâches sont par défaut en mode « rédiger puis faire approuver », avec des limites de débit et une protection contre les boucles. La skill « goal » que nous avions repérée dans l’interface début septembre n’apparaît nulle part dans la documentation ; nous ne la mentionnons donc plus.

Mistral : 5 tâches sur le plan gratuit, illimité en Pro et Team (dans la limite d’un usage raisonnable). On choisit une fréquence unique, quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou annuelle, et une heure précise ; pas d’exécution toutes les heures. Pas d’événementiel non plus : « les déclencheurs sont temporels pour l’instant, les déclencheurs événementiels pourraient suivre ».

Ce que ça change : deux plateformes (ChatGPT, Copilot) ont franchi le pas de l’agent qui réagit à un événement plutôt qu’à une horloge. C’est un changement de nature, pas de degré : l’agent devient un collègue en veille.

Comment on lui transmet un savoir-faire

Voilà le point de convergence le plus net. Les quatre plateformes ont adopté les « skills » : un dossier contenant un fichier SKILL.md avec des instructions, une checklist, un modèle de sortie. Mistral le dit explicitement : c’est le standard ouvert « Agent Skills », « initialement développé par Anthropic et désormais adopté par plusieurs clients agentiques ». OpenAI renvoie au même standard. Microsoft accepte l’import direct d’une archive .zip ou .skill contenant un SKILL.md à la racine.

Chaque éditeur y ajoute sa couche. Claude et ChatGPT empaquettent skills et connecteurs dans des plugins partageables (chez Claude, un plugin « regroupe skills, connecteurs et sous-agents » ; chez ChatGPT, les administrateurs peuvent synchroniser une marketplace de plugins depuis GitHub). Microsoft plafonne à 50 skills par utilisateur, les stocke dans OneDrive, et note chaque skill de 0 à 100 sur quatre critères (clarté du déclencheur, précision des instructions, périmètre, robustesse). Mistral livre douze skills intégrées, laisse les administrateurs en imposer, et complète avec les Libraries, des bases documentaires persistantes partageables avec des rôles Collaborateur et Lecteur (15 Go en Pro, 30 Go par utilisateur en Team).

Ce que ça change : un savoir-faire documenté dans un SKILL.md devient portable d’une plateforme à l’autre. C’est une bonne nouvelle pour les équipes qui ne veulent pas réécrire leurs procédures à chaque changement d’outil.

Le modèle et l’effort

Petit détail d’interface qui en dit long sur la philosophie de chacun.

Claude affiche le modèle et le niveau d’effort séparément, à côté du bouton d’envoi, avec cinq crans (Low, Medium, High, Extra high, Max). Depuis le 1er septembre, le modèle le plus avancé est Fable 5.1, et les tâches démarrent par défaut en effort Medium. La documentation prévient simplement qu’un effort plus élevé « consomme plus de jetons, donc vous atteindrez vos limites plus vite ».

ChatGPT a remplacé tout cela par un curseur « Power », de « Faster » à « Smarter », qui fait varier ensemble le modèle et le raisonnement. Sur les comptes éligibles (Pro, Business Premium, Enterprise), il compte six positions depuis l’arrivée de GPT-6 Astra : Terra Light, Sol Light, Sol Medium, Astra Light, Astra Medium, Astra Extra High. « Les options peuvent différer selon le plan et l’étape de déploiement. » L’utilisateur ne choisit plus un modèle, il choisit une puissance.

Microsoft propose « Auto » par défaut et laisse le choix entre sept modèles des deux familles : GPT 5.5, GPT 6 Sol, GPT 5.6 Terra, GPT 6 Astra, Opus 5, Claude Sonnet 5 et, depuis septembre, Claude Fable 5.1. Le niveau d’effort de raisonnement va de Light à Max (Medium par défaut), avec une note honnête : « un effort plus élevé est plus approfondi, mais plus lent, et consomme plus de crédits ».

Mistral ne propose ni choix de modèle ni bascule dans Work : « le raisonnement pas à pas démarre automatiquement quand la tâche le requiert ». Le sélecteur Fast / Think ne subsiste que dans l’ancien mode Chat. Vibe tourne sur Mistral Medium 3.5 par défaut.

Ce que ça coûte vraiment

Les prix affichés ne disent pas tout, parce que le travail agentique consomme beaucoup plus qu’une conversation. Et trois des quatre éditeurs ont retouché leurs grilles depuis fin août.

Chez Claude, les tâches sont incluses dans les plans payants : Pro à 20 $ par mois (17 $ en annuel), Max à partir de 100 $ (5 ou 20 fois l’usage de Pro), Team à 25 $ par siège (20 $ en annuel) avec un siège Premium à 125 $ (100 $ en annuel), Enterprise au prix du siège plus l’usage au tarif API. Une fenêtre glissante de 5 heures et un plafond hebdomadaire s’appliquent à tous les produits, application de bureau et Claude Code compris. « Les tâches en plusieurs étapes consomment davantage qu’une question rapide », c’est écrit noir sur blanc.

Chez OpenAI, ChatGPT Work « suit la même structure d’usage que Codex ». Chaque siège inclut un usage, mesuré sur une fenêtre de 5 heures pour les sièges Standard ; au-delà, « l’usage éligible peut se poursuivre avec les crédits achetés par le workspace, si les contrôles de dépense le permettent », sinon « les fonctionnalités qui requièrent des crédits peuvent être indisponibles jusqu’à ce que des crédits soient ajoutés ». La grille Business a été dédoublée le 24 août : Standard à 25 $ par utilisateur (20 $ en annuel), Premium à 125 $ (100 $ en annuel) avec cinq fois plus d’usage et sans limite de 5 heures. Côté individuel : Plus à 20 $, Pro à 100 $ ou 200 $, ce dernier fermé aux nouvelles souscriptions depuis le 10 septembre. Le plan gratuit n’a Work qu’en version limitée, sur l’application de bureau.

Chez Microsoft, Cowork est facturé à l’usage (« metered »), à partir de 0,01 $ le crédit, en plus de la licence Microsoft 365 Copilot à 26 € HT par utilisateur et par mois (version entreprise). Consomment des crédits : les réponses des modèles, les appels d’outils et de skills, la génération d’images et les tâches navigateur. L’administrateur doit avoir activé la facturation à l’usage et créé une politique de dépense incluant Cowork ; la documentation précise qu’« une politique de dépense est un contrôle d’accès, pas seulement un budget ». À partir du 2 novembre, les nouvelles licences Microsoft 365 Copilot Business vendues via les partenaires CSP incluront la facturation à l’usage par défaut.

Chez Mistral, la mécanique Work, connecteurs et tâches planifiées est accessible dès le plan gratuit, avec des limites, puis 14,99 $ en Pro, 24,99 $ par utilisateur en Team (50 $ par mois minimum) et 5,99 $ pour les étudiants. Les Workflows sont réservés aux plans payants.

Où vont vos données

Nous terminons par le sujet qui devrait ouvrir toute discussion d’entreprise.

Mistral héberge dans l’Union européenne par défaut. Mais attention : sur Vibe Standard (Free et Pro), « les utilisateurs ne sont pas en opt-out par défaut » pour l’entraînement ; il faut désactiver soi-même « Autoriser l’utilisation de vos interactions pour entraîner nos modèles » dans les réglages de confidentialité. En Team, ce sont les administrateurs qui décident. Seul Enterprise est en opt-out d’office.

Claude stocke par défaut aux États-Unis ; aucune résidence européenne n’est documentée pour claude.ai, seule l’inférence via Bedrock, Vertex ou Foundry en région européenne l’est, pour les entreprises. Les plans Free, Pro et Max ont un réglage « Help improve our AI models » (jusqu’à 5 ans de rétention si activé, suppression sous 30 jours sinon). Team, Enterprise et API n’entraînent pas sur vos données par défaut.

ChatGPT n’entraîne pas, par défaut, sur les données des workspaces Business, Enterprise, Edu et Healthcare. La résidence des données en Europe (Espace économique européen et Suisse) est réservée à Enterprise, Edu, Healthcare et à l’API ; la page tarifaire de Business indique « résidence des données : non disponible ».

Microsoft applique l’EU Data Boundary à Copilot, avec deux exceptions documentées : les requêtes web envoyées à Bing, et les modèles Anthropic, « actuellement exclus de l’EU Data Boundary ». Pour les tenants européens et britanniques, ces modèles sont désactivés par défaut et exigent une activation par l’administrateur. Choisir Opus 5 ou Fable 5.1 dans Cowork, c’est donc, pour une entreprise européenne, une décision de conformité avant d’être une décision de performance.

Ce que ça change : « hébergé en Europe » et « pas utilisé pour l’entraînement » sont deux questions distinctes, et aucune des quatre plateformes ne répond oui aux deux sur tous ses plans.

Le comparatif en un coup d’œil

ClaudeChatGPT WorkCopilot CoworkMistral Vibe Work
Lieu d’exécutionCloud, ou VM Linux sur le poste (application de bureau)Cloud, ou local sur l’app de bureauEnvironnement isolé dans le tenant M365Cloud
Fichiers locauxDossiers ou disques partagés, écran (Pro, Max)App de bureau, fichiers de la tâcheNon (OneDrive, SharePoint)Non (téléversement)
Catalogue d’outils824 connecteurs, MCP sur tous les plansPlugin Directory, MCP custom par adminWork IQ natif + environ 150 plugins100+ connecteurs, MCP custom par admin
ApprobationsManual / Auto (3 modes en Team, Enterprise)« Allow low-risk actions » par défautPar destinataire, domaine ou sessionContinue / Always allow / Decline, par fonction
Tâches planifiéesHoraire minimum, pas d’événement10 en Business, horaire, événements Gmail, Slack, GitHub25, événements mail et Teams5 en Free, quotidien minimum
Choix du modèleModèle + 5 niveaux d’effortCurseur « Power » à 6 positionsAuto, 7 modèles GPT ou Claude + 5 niveaux d’effortAucun, raisonnement automatique
CoûtInclus, fenêtre 5 h + plafond hebdoUsage inclus puis crédits ; sièges Standard 25 $ ou Premium 125 $Licence 26 € HT par utilisateur et par mois (version entreprise) + crédits à 0,01 $Dès le plan gratuit, 14,99 $ en Pro
DonnéesStockage US ; pas d’entraînement en TeamPas d’entraînement en Business ; résidence UE en EnterpriseEU Data Boundary, sauf Bing et modèles AnthropicHébergé en UE ; opt-out entraînement à activer en Free et Pro

Ce qu’il faut retenir

Le mode agentique n’est plus une promesse, c’est un onglet, et chez Claude ce n’est même plus un onglet. Choisir un « cowork » revient à répondre à trois questions dans l’ordre : où vivent mes données et où l’agent a-t-il le droit d’aller, qui valide les actions qui modifient quelque chose, et jusqu’où j’accepte qu’il travaille sans moi, d’une tâche ponctuelle à une veille permanente.

Les quatre éditeurs ont des réponses cohérentes avec leur histoire. Microsoft part de votre tenant, Mistral de la souveraineté européenne, ChatGPT de la puissance de calcul mesurée en crédits, Claude de l’agent qui travaille sur vos fichiers, dans le cloud ou sur votre machine. Aucune n’est neutre. Et la première version de cet article, vieille de quinze jours, contenait déjà quatre points périmés : c’est le rythme auquel il faut s’attendre.

Méthode : la version du 5 septembre reposait sur un parcours en direct des quatre interfaces. Cette mise à jour du 20 septembre a été faite exclusivement à partir des documentations officielles (support.claude.com, help.openai.com et learn.chatgpt.com, learn.microsoft.com, docs.mistral.ai et help.mistral.ai), en ne retenant que les pages datées d’août ou septembre 2026. Quand un point observé début septembre dans l’interface n’apparaissait dans aucune documentation, nous l’avons retiré plutôt que de le maintenir.

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