Configurer Claude Cowork : le guide complet, mis à jour en septembre 2026
Il y a trois mois, configurer Claude Cowork voulait dire installer une application de bureau, lui ouvrir un dossier et accepter que tout s’arrête dès que l’ordinateur se mettait en veille. Ce n’est plus le cas. Depuis l’été 2026, les sessions Cowork s’exécutent dans le cloud d’Anthropic, se lancent aussi bien depuis le web, l’application de bureau, le téléphone ou le panneau latéral de Chrome, continuent de tourner quand vous fermez votre portable et se souviennent de vous d’une conversation à l’autre. Depuis le 16 septembre 2026, la séparation entre le « chat » et Cowork disparaît même progressivement : une seule interface, dans laquelle Claude décide s’il répond en trois lignes ou s’il part travailler une demi-heure sur vos fichiers.
Le principe, lui, n’a pas bougé. Plutôt que de répondre à un message à la fois, Claude prend en charge des tâches entières, en plusieurs étapes : il lit vos fichiers, exploite vos outils connectés et vous rend un livrable fini, un document mis en forme, un classeur avec ses formules, une présentation, un dossier rangé. Vous décrivez un résultat attendu, vous vous absentez, vous revenez devant le travail terminé. Si vous cherchez d’abord la vue d’ensemble, notre guide Cowork compare les environnements du marché avant d’entrer dans la configuration.
Et le constat que font la plupart des nouveaux utilisateurs n’a pas bougé non plus : Cowork sorti de la boîte est décevant. Sans configuration, l’outil ne sait ni qui vous êtes, ni comment vous travaillez, ni où déposer son travail, et il produit du générique. Correctement configuré, c’est un outil radicalement différent. L’écart entre les deux tient toujours à une trentaine de minutes de mise en place et à quelques principes que cet article vous transmet, dans leur version de septembre 2026.
Article publié en juin 2026 et entièrement réécrit en septembre 2026. La première version décrivait un Cowork exécuté localement, réservé à l’application de bureau, sans mémoire hors des Projets et dont les tâches planifiées s’arrêtaient avec l’ordinateur ; cette version intègre le passage au cloud, l’arrivée sur le web et le mobile, la nouvelle mémoire, le navigateur intégré, les trois modes de permission et la fusion avec le chat annoncée le 16 septembre 2026.
Ce qui a changé depuis juin 2026, en une minute
Pour les lecteurs qui avaient suivi la première version de ce guide, voici l’essentiel. Les sessions Cowork tournent désormais dans un environnement cloud isolé et temporaire, propre à chaque session, et vos tâches comme vos fichiers sont enregistrés dans votre compte Claude : une tâche lancée sur l’ordinateur du bureau se suit depuis le téléphone et continue de s’exécuter quand l’application est fermée. Cowork est accessible sur claude.ai, dans l’application de bureau macOS et Windows, dans les applications iOS et Android (en bêta) et dans le panneau latéral de Chrome. La mémoire n’est plus cantonnée aux Projets : elle est active à l’échelle du compte pour les sessions cloud, avec une mémoire distincte par Projet. Les tâches planifiées s’exécutent à distance, ordinateur éteint. L’application de bureau a gagné un navigateur intégré et le pilotage direct de vos applications. Les modes de permission sont passés de deux à trois. Et l’assistant de configuration s’appelle maintenant /setup-claude. Le reste de l’article détaille chacun de ces points.
Cowork ou chat : une frontière qui s’efface, une règle qui reste
Jusqu’à la mi-septembre 2026, Claude proposait deux modes distincts. Le chat était une conversation : vous écriviez, Claude répondait dans la fenêtre, et c’était à vous de récupérer le résultat. Cowork était une session de travail : Claude reprenait l’architecture agentique de Claude Code, l’outil de développement d’Anthropic, sans terminal ni ligne de commande, planifiait une suite d’actions, les exécutait, coordonnait au besoin plusieurs sous-tâches en parallèle et déposait de vrais fichiers, à ouvrir, partager ou continuer à éditer.
Anthropic a constaté que ses clients « avaient souvent du mal à choisir le bon onglet pour la bonne tâche ». Depuis le 16 septembre 2026, les deux modes fusionnent donc en une seule expérience Claude, déployée par vagues à partir des formules Pro et Max sur le web, le bureau et le mobile ; les organisations Team et Enterprise suivront, avec au moins trente jours de préavis pour ces dernières. Dans cette nouvelle interface, le sélecteur Chat / Cowork n’existe plus : vous décrivez le résultat attendu, y compris son format final, et Claude choisit lui-même s’il répond directement ou s’il ouvre une session de travail. Vos anciennes tâches Cowork, vos Projets, connecteurs, skills et fichiers sont conservés. Si votre compte n’a pas encore basculé, vous continuez de sélectionner « Cowork » dans la zone de message.
La distinction reste pourtant utile dans votre tête, parce qu’elle conditionne la configuration et la consommation. Là où une réponse de chat vous dit quoi faire, une session de travail le fait : demandez d’organiser un dossier de photos et vous obtenez, dans un cas, une convention de nommage, dans l’autre, des fichiers réellement rangés. La règle d’orientation est simple : confiez à Cowork les tâches multi-étapes qui mobilisent plusieurs fichiers ou sources et gagnent à s’exécuter longuement ; gardez la question ponctuelle et la reformulation rapide pour un échange direct, bien moins gourmand en ressources.
Les prérequis : un abonnement payant, et l’application de bureau pour tout ce qui touche votre poste
Trois conditions. Un abonnement payant, d’abord : Cowork est réservé aux formules Pro, Max, Team et Enterprise et n’est pas inclus dans le plan gratuit. Sur Team, les sessions cloud sont activées par défaut et un propriétaire peut les désactiver ; sur Enterprise, c’est l’inverse, le propriétaire doit les activer puis en accorder l’usage par des rôles personnalisés.
Une surface d’accès, ensuite, et vous avez maintenant le choix. Le web (claude.ai), l’application de bureau pour macOS et Windows, les applications mobiles iOS et Android, et le panneau latéral de Chrome, qui s’ouvre directement sur une session Cowork pour les abonnés Max et Team, puis Pro au fil du déploiement. La gestion des tâches, les connecteurs et les tâches planifiées fonctionnent partout. En revanche, tout ce qui touche physiquement à votre ordinateur passe encore par l’application de bureau, qui doit rester ouverte et en ligne : l’accès aux dossiers locaux, le navigateur intégré ou l’extension Chrome, le pilotage de vos applications et les serveurs MCP installés sur votre machine. Depuis un téléphone ou un navigateur, ces fonctions restent disponibles à condition qu’un ordinateur lié, avec l’application ouverte, réponde à l’autre bout.
Une connexion internet, enfin. Elle est indispensable pour lancer et suivre la session ; mais comme la session elle-même tourne dans le cloud, la fermeture de votre ordinateur n’interrompt plus le travail en cours, sauf s’il porte sur des fichiers locaux.
Où s’exécute Cowork : dans le cloud, avec un pont vers votre ordinateur
C’est le modèle mental à acquérir avant tout réglage, parce qu’il explique toutes les règles d’accès qui suivent. Chaque session Cowork se voit attribuer un environnement cloud isolé et temporaire sur les serveurs d’Anthropic, détruit à la fin de la session. C’est là que Claude lit, calcule, écrit et produit ses livrables ; c’est là que sont enregistrés vos fichiers de session, rattachés à votre compte. Cet environnement ne peut atteindre ni votre réseau domestique ni celui de votre entreprise.
Pour toucher à votre poste, la session a besoin d’un pont : l’application de bureau. Quand vous liez un ordinateur à une session (« Link to this computer », lier à cet ordinateur), Claude peut lire et écrire dans les dossiers que vous avez explicitement connectés, piloter le navigateur et, si vous l’avez autorisé, vos applications. Dès que l’application se ferme ou que l’ordinateur s’endort, le pont tombe : la session continue dans le cloud, mais sans accès à vos fichiers, jusqu’à ce que le lien se rétablisse. L’application de bureau sait aussi exécuter des sessions entièrement locales, avec les ressources de votre machine ; retenez que ces sessions locales n’ont pas accès à la mémoire de votre compte, réservée aux sessions cloud.
La conséquence pratique est simple : le web et le mobile suffisent pour des tâches qui vivent dans vos outils connectés et vos fichiers de compte ; le bureau reste le poste de travail de référence dès que le travail porte sur des documents stockés sur votre disque.
Les trois gestes de mise en route
Anthropic résume la prise en main en trois gestes. Premier geste : ouvrir Claude, sur claude.ai ou dans l’application de bureau, cette dernière étant recommandée dès que le travail implique des fichiers de votre ordinateur. Si votre compte affiche encore les deux modes, sélectionnez « Cowork » dans la zone de message.
Deuxième geste : lancer /setup-claude dans une nouvelle conversation (la commande remplace l’ancien /setup-cowork). Un assistant guidé vous fait choisir votre rôle, installe un plugin adapté à ce rôle, c’est-à-dire un paquet de skills, de connecteurs et d’exemples de prompts, puis vous propose de connecter les outils que ce plugin utilise, Slack, Google Workspace ou Microsoft 365 par exemple. C’est le chemin le plus rapide pour ne pas partir d’une page blanche ; une fois le plugin installé, tapez / dans la zone de message pour voir les prompts de départ qu’il a apportés.
Troisième geste : donner à Cowork un endroit où travailler. C’est celui que tout le monde sous-estime, et c’est le plus structurant. Sélectionnez « Work in a folder » (travailler dans un dossier) dans la barre de conversation. Deux options : un dossier de votre ordinateur, dont Cowork lit le contenu et dans lequel il enregistre ses nouveaux fichiers ; ou un Projet, espace de travail qui conserve ses propres fichiers, ses instructions et sa mémoire d’une session à l’autre. Nous y revenons en détail plus bas, parce que c’est là que se joue la différence entre un outil qui repart de zéro et un outil qui vous connaît.
Connecter vos outils : connecteurs, navigateur, applications
Un connecteur permet à Cowork de lire et d’agir directement dans un outil, retrouver un fil Slack, ouvrir un document dans Drive, mettre à jour une fiche dans le CRM, sans que vous ayez à chercher et coller l’information. Vous les gérez dans Customize > Connectors (Personnaliser, Connecteurs). Les connecteurs courants couvrent Slack, Google Workspace, Microsoft 365, Salesforce et les connecteurs internes que votre organisation a éventuellement publiés. La vraie puissance apparaît quand plusieurs connecteurs collaborent : confronter une transcription de réunion stockée dans Drive aux engagements notés dans un autre outil, et faire ressortir ce qui a été oublié, devient une tâche de dix minutes.
Pour les sites web qui n’ont pas de connecteur, deux navigateurs sont possibles, et vous choisissez le préféré dans Réglages > Cowork > Preferred browser. Le navigateur intégré à l’application de bureau (macOS, Windows, Linux en bêta) ouvre un panneau latéral dans lequel vous regardez Claude naviguer, lire, cliquer et remplir des formulaires ; il tourne dans un profil isolé, ne voit pas vos identifiants sauf si vous les importez au premier lancement (depuis Chrome, Edge ou Firefox sur macOS, depuis Firefox sur Windows et Linux), puis retient vos connexions sur cet ordinateur. Il demande l’autorisation avant d’agir sur un site la première fois et bloque les sites à haut risque. Claude in Chrome, l’extension, agit au contraire dans votre vrai navigateur, avec vos sessions déjà ouvertes. Dans les deux cas, Anthropic déconseille fortement d’y manipuler des informations sensibles, comptes financiers ou données médicales en tête.
Dernier levier, réservé aux formules Pro et Max : le pilotage de vos applications (computer use). Quand ni connecteur ni navigateur ne conviennent, Claude peut ouvrir une application de votre poste, cliquer et taper comme vous le feriez, en prenant des captures d’écran pour se repérer. Il s’active dans Réglages > General > Enable computer use (macOS 15 ou plus récent, Windows) et demande votre permission application par application ; vous pouvez tenir une liste d’applications interdites, certaines, comme les plateformes d’investissement, étant bloquées d’office. C’est plus lent qu’un connecteur, encore en bêta, et il n’existe aucun bac à sable entre Claude et vos applications : réservez-le à ce qui n’a pas d’autre chemin.
Dans les organisations Team et Enterprise, ce sont les propriétaires qui décident : quels connecteurs sont disponibles, si le navigateur intégré est actif (activé par défaut sur Team ; sur Enterprise, désactivé jusqu’au 9 septembre 2026 et activé par défaut depuis le 10, sauf décision contraire) et si l’extension Chrome, gérée séparément, l’est aussi. Le pilotage d’applications n’est pas proposé sur ces formules.
Dossiers, Projets et mémoire : où Cowork range ce qu’il sait de vous
Il y a désormais quatre façons de donner du contexte à Cowork, et elles ne se valent pas.
Le fichier joint à la conversation est téléversé dans l’environnement de session. C’est la fin d’un piège de la première version : un fichier glissé depuis « Téléchargements » est maintenant lisible, simplement parce qu’il est copié dans le cloud. Il ne sera pas modifié sur votre disque ; le résultat vous revient sous forme de fichier à télécharger.
Le dossier connecté reste sur votre ordinateur. Claude ne peut lire et écrire que dans les dossiers que vous avez explicitement autorisés, via l’application de bureau ; c’est là qu’il retrouve vos sources et qu’il dépose ses livrables, à côté des originaux. Pour débuter sereinement, créez un dossier dédié, « Cowork » dans vos Documents par exemple, et travaillez dedans le temps de prendre vos marques : vous savez toujours ce que Claude voit et ce qu’il peut toucher. Les instructions de dossier, détaillées plus bas, y vivent aussi.
Le Projet est l’unité d’organisation. Un Projet Cowork réunit des instructions (ton, formats, règles appliqués à toutes les tâches du Projet), des fichiers, du contexte (dossiers locaux, Projets de chat liés, URL de référence) et ses propres tâches planifiées. Surtout, chaque Projet a sa mémoire : Claude retient ce qu’il apprend au fil des tâches d’un Projet et le réutilise dans les suivantes, sans que cela déborde sur les autres Projets. Vous pouvez partir de zéro, importer un Projet existant du chat (un par un) ou créer un Projet depuis un dossier de votre ordinateur ; dans ce dernier cas, le Projet reste sur cet ordinateur et ne se synchronise pas avec votre compte, alors que les Projets créés dans Cowork vous suivent d’un appareil à l’autre. Sur Team et Enterprise, un Projet se partage en lecture ou en édition.
La mémoire du compte, enfin, est la nouveauté de l’été. Depuis la refonte de la mémoire à l’été 2026, Claude conserve d’une conversation à l’autre ce qu’il a appris de vous, votre fonction, vos préférences de format, vos chantiers en cours, et l’applique dans le chat comme dans Cowork, à une condition : que la session s’exécute dans le cloud (les sessions locales de l’application de bureau n’y ont pas accès). Elle est activée par défaut sur les formules Free, Pro et Max, désactivée par défaut sur Team et Enterprise, où un propriétaire doit l’ouvrir. Vous la lisez, la corrigez et la supprimez sujet par sujet dans Réglages > Memory, où se trouvent aussi l’interrupteur « Generate memory from chats », l’option d’inclure les sujets sensibles, la pause et la remise à zéro. Les conversations en mode incognito n’y écrivent rien.
La phrase clé de la première version, « la mémoire de Cowork n’existe que dans les Projets », est donc périmée. La recommandation, elle, tient toujours : créez un Projet avant de commencer le vrai travail, parce que c’est le seul endroit où instructions, fichiers, mémoire et tâches planifiées d’un même sujet sont réunis, et parce que la mémoire du compte, générale par construction, ne remplacera jamais un contexte de Projet bien tenu.
Le vrai secret : construire un espace de travail, pas un prompt
Si vous ne deviez retenir qu’une idée de cet article, ce serait celle-ci. Dans le monde du chat, le réflexe est « meilleur prompt, meilleur résultat ». Dans Cowork, le prompt n’est plus la pièce maîtresse ; l’espace de travail l’est. Cowork ne se contente pas de ce que vous tapez dans la zone de message : il travaille avec tout ce qu’il peut lire dans le dossier ou le Projet que vous lui ouvrez, vos fichiers, vos règles, votre contexte, votre façon de communiquer, vos brouillons antérieurs, vos exemples de réussite. Le jour où votre manière de travailler vit dans des fichiers est le jour où les résultats cessent d’être génériques pour devenir « on dirait que cet outil sait déjà comment je travaille ».
Inutile de bâtir un open space numérique entier. Quatre dossiers suffisent pour commencer :
MON-ESPACE-DE-TRAVAIL/
├── system/ → les règles de base (assez stables)
├── context/ → le contexte stable (assez stable)
├── projects/ → le travail en cours (change selon les projets)
└── outputs/ → les livrables produits
Une structure assez petite pour rester saine, assez souple pour grandir. Mais un dossier seul ne dit pas grand-chose à Cowork ; ce qui le rend utile, ce sont deux fichiers de contexte. HOW-I-WORK.md (« comment je travaille ») rassemble tout ce qu’un nouveau collègue intelligent aurait besoin de savoir le premier jour : qui vous êtes, ce que fait votre organisation, qui elle sert, où en sont vos projets, les réalités concrètes de votre quotidien. SYSTEM-RULES.md (« règles du système ») pose les garde-fous : ce que Claude doit toujours faire, ce qu’il ne doit jamais faire, vos formats préférés, vos exigences de ton. Depuis que Cowork dispose d’instructions globales, de Projet et de dossier, ces deux fichiers ont un débouché naturel : les règles stables migrent vers les instructions, le contexte vivant reste dans les fichiers.
Un conseil de méthode issu des utilisateurs avancés : ne rédigez pas ces fichiers de mémoire. Vous décririez la version idéalisée de vous-même, pas celle qui travaille réellement. Générez-les par interview : demandez à Claude de vous interroger, une question à la fois, sur votre façon de travailler, puis laissez-le rédiger les deux fichiers à partir de vos réponses. Le résultat est nettement plus fidèle, et l’exercice prend vingt minutes.
Puis appliquez le principe de croissance : partir petit, laisser le travail dicter le reste. N’ajoutez un fichier ou une règle que lorsqu’un schéma se répète. Si Cowork confond systématiquement une synthèse et une recommandation, là, une règle explicite mérite d’exister ; ne créez pas de fichiers parce qu’ils pourraient servir un jour. Et déléguez l’écriture : quand une règle émerge en cours de session, dites simplement « codifie ce principe », Claude l’inscrit lui-même dans les instructions du dossier ou du Projet, sans manipulation de votre part.
Les trois niveaux d’instructions permanentes
Au-delà des fichiers de contexte, Cowork offre trois niveaux d’instructions qui s’appliquent sans que vous ayez à les répéter. Les instructions globales valent pour toutes vos sessions. C’est l’endroit pour fixer votre ton, vos formats de sortie, votre langue de travail, un rappel de votre rôle. Vous les définissez dans Réglages > Cowork, en cliquant sur « Edit » à côté de Global instructions, puis « Save ». Les instructions de Projet s’ajoutent pour toutes les tâches d’un Projet donné : règles de rédaction d’un client, structure des livrables d’un chantier, vocabulaire maison. Les instructions de dossier, disponibles sur l’application de bureau, accompagnent un dossier local ; Claude peut les mettre à jour de lui-même au fil d’une session, à mesure qu’il apprend votre fonctionnement.
Pendant que vous êtes dans les réglages, passez par Réglages > Capabilities pour vérifier ce qui est activé (mémoire, recherche web, navigateurs) et par Réglages > Memory pour relire ce que Claude a déjà retenu de vous. Cinq minutes qui font une différence sensible sur toutes les sessions suivantes.
Permissions et sécurité : le chapitre à ne pas sauter
Cowork agit réellement, sur vos fichiers, dans vos outils, en votre nom, et il lit du contenu venu de l’extérieur. Cela appelle des protections, et Anthropic en a empilé plusieurs couches. La première est l’isolation décrite plus haut : un environnement cloud temporaire par session, sans accès à vos réseaux, et un accès à votre poste limité aux dossiers que vous avez ouverts, uniquement à travers l’application de bureau.
La deuxième est le mode de permission, le réglage le plus important au quotidien, qui se choisit dans un sélecteur au niveau de la tâche. Il y en a désormais trois. « Manually approve » (approuver manuellement) : Claude marque une pause et demande votre accord avant chaque action ; c’est le bon choix pour découvrir l’outil, travailler sur des fichiers inconnus ou surveiller de près. « Automatically approve » (approuver automatiquement) : Claude enchaîne, mais un contrôle de sécurité examine chaque action avant exécution et bloque celles qu’il juge dangereuses ; c’est le régime de croisière pour des tâches maîtrisées. « Skip all approvals » (ignorer toutes les approbations) : Claude ne s’arrête pas et rien ne vérifie ses actions ; à réserver aux situations sans enjeu, sur des fichiers et des sites de confiance, sous votre supervision active. Dans l’expérience unifiée déployée depuis le 16 septembre, ces choix se présentent sous les libellés « Auto » et « Manual ». Quel que soit le mode, Claude demande toujours votre autorisation explicite avant de supprimer définitivement un fichier : la protection contre la suppression ne se désactive pas.
La troisième couche vise l’injection de prompt, le risque propre aux agents : des instructions malveillantes dissimulées dans une page web, un e-mail ou un document que Claude lit, et qui tentent de détourner la tâche. Le modèle est entraîné à distinguer vos instructions du contenu qu’il traite, des classifieurs analysent les contenus non fiables, et en mode automatique un filtre bloque les actions suspectes. Le risque n’existe que si deux conditions se cumulent : Claude lit un contenu hors de votre périmètre de confiance et il dispose des moyens d’agir en conséquence. D’où trois réflexes : ne connectez que les dossiers nécessaires à la tâche, méfiez-vous d’un accès imprévu à un fichier ou à un site, et n’utilisez ni le navigateur ni le pilotage d’applications pour manipuler des informations sensibles. Notez enfin que les paramètres de sortie réseau (egress) que vous ou votre organisation avez définis ne s’appliquent ni à la recherche web, ni à la récupération de pages, ni aux serveurs MCP : le niveau de confiance accordé à chaque MCP se juge avant de l’installer.
Pour les administrateurs Team et Enterprise, la gouvernance s’est nettement étoffée depuis juin. Cowork est activé par défaut et se désactive dans les réglages de l’organisation ; le mode « Automatically approve » peut être retiré du sélecteur des membres ; l’option « Always allow » pour les outils des connecteurs est désactivée par défaut ; la recherche web se coupe pour toute l’organisation, chat et Cowork compris ; les skills peuvent être analysées à la recherche de code malveillant ; les plugins se distribuent via une place de marché interne avec quatre statuts (installé par défaut, disponible, obligatoire, indisponible) ; les événements Cowork (appels d’outils, accès aux fichiers, décisions d’approbation) se diffusent vers votre SIEM par OpenTelemetry. Et le point noir de la première version est levé : les sessions Cowork lancées depuis le web, l’application de bureau et le mobile sont désormais captées par l’API de conformité. Seule nuance, les données des sessions strictement locales restent stockées sur les postes des utilisateurs, hors des politiques de rétention standard, récupérables via cette API mais sans point de suppression à distance.
Le principe d’or n’a pas changé : examinez le plan d’actions que Claude propose avant de le laisser procéder, surtout sur des fichiers sensibles. La supervision humaine n’est pas une option, c’est le cœur de l’usage responsable.
Plugins, skills et tâches planifiées : passer de l’utile au transformateur
Les plugins adaptent Cowork à votre rôle, votre équipe et votre entreprise : chacun regroupe en un paquet des skills, des connecteurs, des sous-agents et des prompts de départ. En installer un correspondant à votre métier, c’est finir la configuration avec un vrai point de départ plutôt qu’une session vide, et une organisation peut publier les siens, taillés sur ses outils et ses process. Les skills sont de petits modules d’instructions qui s’activent d’eux-mêmes pour une tâche donnée, produire un document Word conforme à la charte, bâtir un classeur avec ses formules, générer une présentation, et qui transforment le généraliste en spécialiste ; Anthropic en fournit, et vous pouvez créer les vôtres.
Les tâches planifiées sont, pour beaucoup, le moment où Cowork devient transformateur, et c’est le domaine qui a le plus changé. Elles s’exécutent désormais à distance, dans le cloud, même quand votre ordinateur est en veille ou l’application fermée ; la limite « ordinateur allumé et application ouverte » de juin a disparu. Vous les créez depuis « Scheduled » (Planifiées) dans la barre latérale, « New task », puis « Create with Claude » (il pose quelques questions et propose nom, cadence et instructions) ou « Set up manually », ou simplement en tapant /schedule dans n’importe quelle tâche. Cadences possibles : toutes les heures, tous les jours, chaque semaine, les jours ouvrés, ou à la demande ; vous choisissez aussi le mode d’approbation et, en option, le modèle. Elles disposent des mêmes moyens qu’une tâche ordinaire, connecteurs, skills et plugins compris, et sont offertes sur toutes les formules payantes. Une synthèse chaque matin à 7 h, un rapport hebdomadaire, une veille récurrente, une mise à jour d’équipe : tout cela tourne sans vous.
Deux règles de prudence. Une tâche planifiée travaille avec vos connecteurs et les fichiers de votre compte, pas avec les dossiers de votre ordinateur ; si elle en a besoin, elle ne pourra s’exécuter que lorsque l’application de bureau de cet ordinateur est ouverte. Et parce que personne ne la regarde tourner, commencez par des tâches à faible enjeu, sans données sensibles ni action lourde de conséquences, puis relisez ses exécutions passées dans la page « Scheduled » avant d’élargir son périmètre.
Une question de ressources : Cowork consomme plus
Dernier point pratique, souvent découvert trop tard. Une session de travail consomme davantage de votre allocation d’usage qu’une conversation, et c’est logique : plusieurs étapes, plusieurs lectures de fichiers, parfois plusieurs sous-agents en parallèle. Trois bonnes pratiques pour ne pas atteindre vos limites trop vite : regroupez les travaux liés dans une même session plutôt que d’en multiplier ; réservez la session de travail aux tâches qui justifient l’accès aux fichiers et une exécution prolongée, et gardez l’échange direct pour le reste ; surveillez votre consommation dans Réglages > Usage.
Configurer, c’est déjà adopter
Tout ce qui précède décrit comment configurer Cowork. Permettez-nous de finir par pourquoi cela compte. Dans nos accompagnements, nous voyons régulièrement le même scénario : une organisation ouvre un outil agentique, les collaborateurs tapent une demande, obtiennent un résultat correct mais générique, et concluent que « ce n’est pas si différent du chatbot ». Ils ont raison : sans configuration, ça ne l’est pas. Et la fusion du chat et de Cowork rend ce scénario plus probable, pas moins, puisque plus rien ne signale à l’utilisateur qu’il vient de changer de registre.
La leçon est que la configuration n’est pas une corvée technique préalable : c’est le premier acte d’adoption. Le moment où un collaborateur prend trente minutes pour écrire son « comment je travaille », poser ses garde-fous, créer son Projet et choisir son mode de permission est le moment où il passe d’utilisateur passif à pilote. La technique se maîtrise en une matinée ; ce qui prend du temps, et qui crée la valeur durable, c’est la mise en mots de la façon de travailler de chacun.
Votre liste de contrôle de mise en route, version septembre 2026
- Vérifiez votre formule (Pro, Max, Team ou Enterprise) et, sur Team ou Enterprise, que les sessions cloud sont activées par votre organisation.
- Installez ou mettez à jour l’application de bureau (macOS ou Windows) si votre travail touche des fichiers locaux ; sinon, claude.ai ou l’application mobile suffisent.
- Lancez
/setup-claude: rôle, plugin, connecteurs. - Créez un Projet pour votre premier sujet et rédigez ses instructions.
- Créez un dossier dédié sur votre ordinateur, connectez-le, et bâtissez l’espace de travail minimal : quatre dossiers,
HOW-I-WORK.mdetSYSTEM-RULES.md, idéalement par interview. - Posez vos instructions globales dans Réglages > Cowork, puis relisez Réglages > Memory et Réglages > Capabilities.
- Choisissez « Manually approve » pour vos premières tâches ; passez en « Automatically approve » quand vous connaissez le terrain.
- Réglez votre navigateur préféré et, si vous en avez l’usage et le droit, activez le pilotage d’applications avec une liste d’exclusions.
- Lancez une première tâche réelle, mais sans enjeu, dans votre dossier dédié, puis une première tâche planifiée à faible risque.
- Quand un schéma se répète, ajoutez une règle. Pas avant.
Sources. Centre d’aide Claude (consulté le 27 septembre 2026) : Get started with Claude Cowork, Use Claude Cowork on web, desktop, and mobile, Claude Cowork and chat are one Claude, Use Claude Cowork safely, Schedule recurring tasks in Claude Cowork, Organize your tasks with projects, Use Claude’s chat search and memory, Use the built-in browser in Claude Cowork, Let Claude use your computer in Cowork, Use Claude Cowork on Team and Enterprise plans ; Claude Academy, Get started in Claude Cowork in three steps ; TechCrunch, Anthropic merges Claude chat and Cowork in one interface, 16 septembre 2026. La méthode de l’espace de travail (quatre dossiers, deux fichiers, interview) est celle de nos ateliers.
Pour aller plus loin : dix cas d’usage de Claude Cowork par métier, comment choisir entre Claude, ChatGPT ou Copilot et comment construire votre assistant personnel avec Cowork.
