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Grille de maturité IA : situer votre organisation en 90 minutes
Six dimensions, quatre niveaux, des descripteurs observables et les preuves à demander, pour un atelier de direction qui débouche sur un plan d’action.
La Grille de maturité IA, en bref
- Ce que c’est
- Une grille d’auto-évaluation de la maturité IA d’une organisation : six dimensions, quatre niveaux, des descripteurs observables et les preuves à demander avant de se noter.
- Pour qui
- Dirigeants, DRH et responsables formation, directions de la transformation et de l’innovation, DSI, référents IA chargés de proposer un plan d’adoption.
- Format
- Document Word de 26 pages : la grille, la feuille de notation, le déroulé d’un atelier de 90 minutes et six annexes prêtes à remplir.
- Ce qu’il contient
- Les six dimensions et leurs descripteurs niveau par niveau, les preuves à demander, la feuille de notation avec le radar, l’atelier de direction minuté, six profils types et leur lecture, le tableau des chantiers pour passer au niveau suivant, la notation individuelle, le compte rendu type et la grille de suivi semestriel.
- Sur quoi elle s’appuie
- La Méthode NextStart, notre méthode d’adoption de l’IA à l’échelle d’une organisation, et les six piliers de notre diagnostic en ligne, éprouvés auprès de grandes organisations françaises.
- Prix
- Gratuit, contre une adresse email professionnelle. Aucun email non sollicité.
- Mise à jour
- Septembre 2026.
- Ce que ça ne remplace pas
- Un audit complet impliquant les métiers, la DSI, les RH, le juridique et la direction, ni l’analyse de risques de votre RSSI et de votre DPO.
- Aller plus loin
- Diagnostic de maturité en ligne, diagnostic Choisir vos cas d’usage, kit Feuille de route IA, modèle de charte IA.
« Où en sommes-nous vraiment avec l’IA ? » La question revient dans tous les comités de direction, et elle reçoit presque toujours la même réponse : des impressions. Le directeur commercial trouve que ça avance, la DSI signale des comptes personnels partout, la DRH n’a formé personne, et le juridique attend une charte. Chacun a raison sur son périmètre, et personne ne sait ce que l’organisation doit faire en premier.
Une grille de maturité règle cette question autrement qu’en additionnant des opinions. Elle décompose l’adoption en six dimensions observables, propose quatre niveaux par dimension avec des descripteurs que l’on peut prouver, et fait apparaître ce qu’une moyenne masque toujours : le déséquilibre. Cette page explique comment la lire, comment conduire la séance qui la remplit, et vous donne la grille complète au format Word.
1. Pourquoi une grille, et non un score
Un score de maturité sur 100 rassure et n’engage à rien. Il produit une phrase (« nous sommes à 47 ») dont personne ne sait quoi faire le lendemain. Un profil en six dimensions oblige à regarder où l’organisation est solide, où elle est fragile, et ce qui commande son rythme.
La plupart des organisations que nous accompagnons n’ont pas un problème de niveau moyen. Elles ont un problème d’équilibre : des usages avancés dans un métier et aucune règle, ou une charte irréprochable que personne n’applique parce que personne n’a été formé. La moyenne masque ces écarts, et c’est précisément dans ces écarts que se trouvent les deux chantiers qui comptent.
La grille repose sur trois principes, et c’est leur application stricte qui rend le constat crédible.
On note ce qui est observable. Chaque case décrit des faits que l’on peut constater : une part de collaborateurs qui utilisent l’IA chaque semaine, une charte diffusée ou non, un agent en pilote ou non. Ni les intentions, ni les projets en cours, ni la qualité des discours ne comptent. Une organisation qui « va lancer » un programme est au niveau de ce qu’elle a déjà fait.
Le niveau atteint est celui dont tous les descripteurs sont vrais. Pour se déclarer au niveau 3 sur une dimension, il faut que l’ensemble des descripteurs du niveau 3 soient vérifiés, et pas seulement le plus flatteur. Si un seul manque, l’organisation est au niveau 2, avec un point d’appui déjà acquis pour la suite.
La dimension la plus faible commande. Une organisation avance au rythme de sa dimension plancher. Des usages de niveau 4 avec une gouvernance de niveau 1 ne sont pas une organisation de niveau 4 : c’est une organisation exposée. Le premier chantier à décider est presque toujours celui qui relève le plancher.
2. Les six dimensions de la maturité IA
Six dimensions suffisent à décrire l’adoption de l’IA dans une organisation. Elles sont indépendantes les unes des autres au sens où l’on peut être avancé sur l’une et débutant sur l’autre, et c’est justement ce qui rend leur lecture croisée utile.
| Dimension | Ce qu’elle mesure | Question directrice |
|---|---|---|
| A. Adoption et compétences | La part de collaborateurs qui utilisent l’IA chaque semaine, la façon dont ils sont formés, l’animation dans la durée, la position du management intermédiaire. | Combien de personnes pratiquent, et qui les fait progresser ? |
| B. Usages métiers et impact | L’adaptation des usages aux réalités de chaque métier, la priorisation des cas, la mesure de l’impact, le nombre de cas utilisés en routine. | L’IA produit-elle de la valeur identifiable, métier par métier ? |
| C. Agents et processus | La maturité sur les assistants et agents, la cartographie du travail délégable, la refonte des processus de bout en bout. | Déléguons-nous du travail complet, et à quelles conditions ? |
| D. Données et outils | La sécurité et l’adéquation des outils fournis, la préparation des données et des connaissances, la capacité d’intégration au système d’information. | Nos fondations techniques permettent-elles de passer à l’échelle ? |
| E. Gouvernance et risques | La charte d’usage, la conformité et la sécurité, la supervision des résultats, le cadre applicable aux agents autonomes, la visibilité sur les usages non encadrés. | Savons-nous ce qui est permis, vérifié et tracé ? |
| F. Stratégie et pilotage | La place de l’IA au niveau de la direction, la gouvernance du programme et les responsabilités, l’évolution du modèle opérationnel. | La direction porte-t-elle une trajectoire, et la pilote-t-elle ? |
Dans le kit, chaque dimension occupe une page : les descripteurs des quatre niveaux, la liste des preuves à demander avant de se noter (le taux d’usage mesuré et non estimé, la date de dernière mise à jour de la charte, le compte rendu de la dernière instance qui a arbitré), et une question de vérification à poser quand le groupe hésite entre deux niveaux. Pour la gouvernance, par exemple : « si un agent envoyait demain une information erronée à un client, saurions-nous en une heure ce qu’il a fait, pourquoi, et qui devait le vérifier ? »
3. Les quatre niveaux
Les mêmes quatre niveaux servent pour chaque dimension et pour le profil global. Ils correspondent aux quatre temps de la trajectoire d’adoption : embarquer, maîtriser, déléguer, transformer.
| Niveau | Nom | En une phrase | Temps de la trajectoire |
|---|---|---|---|
| 1 | Explorateur | Le potentiel est ouvert, les usages sont isolés, rien n’est encore organisé. | Embarquer |
| 2 | Pionnier | Des initiatives existent, portées par des volontaires ; elles ne sont pas encore reliées. | Maîtriser |
| 3 | Accélérateur | Une dynamique réelle est lancée, structurée sur une partie du périmètre ; il faut industrialiser. | Déléguer |
| 4 | Transformateur | Les bases sont solides et pilotées ; l’enjeu devient la réinvention des processus, des offres et du modèle. | Transformer |
La notation additionne les six niveaux, ce qui donne un total compris entre 6 et 24 : Explorateur de 6 à 9, Pionnier de 10 à 14, Accélérateur de 15 à 19, Transformateur de 20 à 24. Mais le total est la lecture la moins intéressante des trois. Les deux autres sont la dimension plancher, qui désigne le premier chantier, et l’écart entre la dimension la mieux notée et la moins bien notée : au-delà de deux niveaux, l’organisation est déséquilibrée, et il faut traiter ce déséquilibre avant d’étendre quoi que ce soit.
4. L’atelier de 90 minutes
La grille remplie seul donne une opinion. Remplie à plusieurs, avec des preuves sur la table, elle donne un constat. C’est la différence entre un document de plus et une décision de comité de direction.
Six à huit personnes suffisent, et leur composition n’est pas négociable : le sponsor au comité de direction, sans qui la séance produit un diagnostic que personne n’arbitrera ; le DRH ou le responsable formation, qui connaît l’état réel des compétences ; un représentant de la DSI, qui sait ce qui est réellement déployé par différence avec ce qui est annoncé ; un ou deux responsables métiers, qui apportent les cas d’usage réels ou leur absence ; le juridique ou la conformité ; et un animateur distinct du sponsor.
Chaque participant note l’organisation seul, une semaine avant, sur la feuille de l’annexe A. L’animateur collecte les notes la veille et prépare le tableau des écarts. C’est souvent l’information la plus utile de la séance : quand la DSI note 1 sur les outils et que le métier note 3, la discussion qui suit vaut plus que la note finale.
| Temps | Séquence | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| 0 à 10 min | Cadrage | Le sponsor rappelle pourquoi ce constat est nécessaire maintenant et ce qu’il en fera. L’animateur énonce les trois règles et affiche le tableau des écarts. |
| 10 à 60 min | Les six dimensions | Huit minutes par dimension : l’écart est annoncé, ceux qui ont noté le plus haut et le plus bas s’expliquent preuves à l’appui, le groupe vérifie les descripteurs un par un, le sponsor tranche si le désaccord persiste. |
| 60 à 70 min | Lecture du profil | Total, profil global, dimension plancher, point d’appui, radar. Le groupe compare avec les profils types. |
| 70 à 85 min | Deux chantiers | Le premier relève le plancher. Le second est le passage de niveau le plus proche. Pour chacun : un responsable, une échéance, un signal de réussite observable. |
| 85 à 90 min | Clôture | Le sponsor reformule les deux décisions. Date de la revue à 90 jours et de la prochaine notation, six mois plus tard. |
Trois règles tiennent la séance. On note l’organisation telle qu’elle est, pas telle qu’on la souhaite : un budget voté ou un outil commandé ne comptent pas. Une note se justifie par une preuve, c’est-à-dire un chiffre, un document ou un exemple daté. Et en cas de désaccord persistant, la note basse l’emporte, sauf si une preuve apportée en séance établit le contraire : une organisation qui se surestime décide mal, une organisation qui se sous-estime d’un cran perd peu.
5. Six profils types, et ce qu’ils révèlent
Au fil de nos accompagnements, les mêmes formes de radar reviennent. Chacune porte un risque précis et appelle une lecture précise. Reconnaître la sienne fait gagner une réunion entière.
| Profil | Ce que cela révèle | Le risque | La lecture |
|---|---|---|---|
| L’archipel | Des îlots performants sans direction commune : chaque métier a bricolé sa solution. | Dispersion des outils, doublons, impossibilité de passer à l’échelle. | Relier avant d’étendre : un sponsor, un responsable de programme, et la bibliothèque des usages existants comme premier livrable. |
| La forteresse | Le cadre est écrit, la charte diffusée, et presque personne ne pratique. | L’IA se fait dehors, sur des comptes personnels, hors de tout contrôle. | Ouvrir en formant : une population pilote formée et outillée en 90 jours, avec la charte enseignée plutôt qu’affichée. |
| Le feu de paille | Beaucoup d’utilisateurs, peu de valeur identifiable ; les usages restent génériques. | Essoufflement à six mois, faute de résultats à montrer. | Spécialiser par métier et mesurer : trois cas documentés dans deux métiers, un indicateur chacun. |
| Le laboratoire | Des agents avancés sur des fondations fragiles : données mal gouvernées ou cadre d’autonomie absent. | L’incident qui discrédite le programme entier. | Consolider avant de connecter : cadre d’autonomie, journaux, procédure d’incident, fiabilisation des sources prioritaires. |
| La déclaration | L’ambition est portée et budgétée, l’exécution n’a pas commencé. | Perte de crédibilité de la direction, qui a annoncé sans livrer. | Un pilote visible en 90 jours : une population, un métier, un cas d’usage, un chiffre. |
| L’équilibre | L’organisation progresse de façon homogène, quel que soit son niveau. | La lenteur : sans point d’appui marqué, aucun levier ne tire les autres. | Choisir un levier : concentrer les 90 jours sur la dimension la plus proche du niveau supérieur. |
La section 6 du kit complète cette lecture par le tableau des chantiers : pour chacune des six dimensions et chacune des trois transitions possibles, le chantier qui fait franchir le seuil et le signal observable qui prouve qu’il est franchi. Passer de 2 à 3 sur l’adoption, par exemple, c’est construire un parcours structuré avec mise en pratique pour une population cible et nommer un réseau de relais ; le signal est un taux d’usage hebdomadaire de 30 % et une liste nominative de relais.
6. Ce que contient le kit
La grille est un document Word de 26 pages, modifiable, conçu pour être imprimé et annoté en séance. Il contient, dans l’ordre : le mode d’emploi et les trois façons de l’utiliser ; les trois principes de notation, les six dimensions et les quatre niveaux ; la grille elle-même, une page par dimension, avec les descripteurs observables, les preuves à demander et la question de vérification ; la feuille de notation avec le calcul du profil, le repérage du plancher et du point d’appui, et le radar vierge à dessiner ; le déroulé minuté de l’atelier de 90 minutes, ses trois règles et ses cinq pièges habituels ; les six profils types et la règle de choix des deux chantiers ; le tableau des chantiers par dimension et par transition. Et six annexes : la feuille de notation individuelle à remplir avant la séance, le modèle de compte rendu d’atelier, la grille de suivi semestriel sur quatre notations, la correspondance avec notre diagnostic en ligne, les questions fréquentes et les ressources pour aller plus loin.
Le kit, partie par partie : ce que chaque partie contient et à quoi elle sert. Les modèles à remplir sont dans le document Word.
Partie 1. Pourquoi une grille, et non un score
Cette partie pose les trois principes de notation (on note ce qui est observable, le niveau atteint est celui dont tous les descripteurs sont vrais, la dimension la plus faible commande), les six dimensions et les quatre niveaux : Explorateur, Pionnier, Accélérateur et Transformateur.
Partie 2. La grille
Une page par dimension : les descripteurs observables de chaque niveau, qui doivent tous être vrais, les preuves à demander avant de noter et une question de vérification si le groupe hésite entre deux niveaux. Chaque niveau cumule les acquis des niveaux précédents.
A. Adoption et compétences
La dimension mesure la part réelle de collaborateurs qui utilisent une IA générative dans leur travail, le développement de leurs compétences, l’animation dans la durée et la position du management intermédiaire. Au niveau 1, moins de 10 % des collaborateurs l’utilisent chaque semaine et aucune formation n’est organisée ; au niveau 4, plus de 60 % l’utilisent chaque semaine, les parcours sont déclinés par niveau et par métier, et les managers fixent des attentes à leur équipe.
B. Usages métiers et impact
La dimension mesure l’adaptation des usages aux réalités de chaque métier, la priorisation des cas d’usage, la mesure de leur impact et le nombre de cas réellement utilisés en routine. Au niveau 1, les usages restent génériques (rédaction, résumé, traduction) et aucun cas n’est en routine ; au niveau 4, une bibliothèque vivante d’usages par métier est maintenue et plus de dix cas sont en routine dans plusieurs métiers, avec un pilotage du temps gagné, de la qualité et du retour sur investissement.
C. Agents et processus
La dimension mesure la maturité sur les assistants et agents IA, l’existence d’une cartographie du travail délégable et la refonte des processus de bout en bout. Au niveau 1, le sujet reste flou et l’IA s’ajoute à l’existant ; au niveau 3, des agents sont en pilote sur des cas métiers réels ; au niveau 4, ils sont déployés, supervisés et connectés aux outils de l’organisation, et des workflows humains-agents sont opérés et mesurés.
D. Données et outils
La dimension mesure la mise à disposition d’outils IA sécurisés et adaptés, la préparation des données et des connaissances qui alimenteront assistants et agents, et la capacité d’intégration au système d’information. Au niveau 1, les comptes personnels dominent ; au niveau 4, des outils adaptés aux métiers sont déployés à l’échelle, les données sont gouvernées et une architecture cible est en place. Question de vérification : un nouvel arrivant dispose-t-il d’un outil IA sécurisé le jour de son arrivée ?
E. Gouvernance et risques
La dimension mesure la charte d’usage, la conformité, la sécurité, la supervision des résultats, le cadre applicable aux agents autonomes et la visibilité sur les usages d’outils grand public. Au niveau 1, aucune règle d’usage n’est formalisée ; au niveau 3, une charte est rédigée et diffusée ; au niveau 4, la charte est vivante et un cadre opérationnel couvre le RGPD, l’AI Act, la cybersécurité, la traçabilité et le contrôle humain.
F. Stratégie et pilotage
La dimension mesure la place de l’IA au niveau de la direction, l’existence d’une gouvernance de programme avec des responsables identifiés et l’évolution du modèle opérationnel. Au niveau 1, le sujet est peu présent en direction ; au niveau 3, une ambition est définie avec un budget ; au niveau 4, la vision est portée par la direction avec une feuille de route pilotée. Question de vérification : « Quelle décision d’arbitrage sur l’IA la direction a-t-elle prise au cours des trois derniers mois, et où est-elle écrite ? »
Partie 3. La feuille de notation
Étape 1 : noter chaque dimension
Pour chaque dimension, on inscrit le niveau retenu de 1 à 4, la preuve principale et le premier descripteur manquant pour le niveau suivant. Ce descripteur manquant est la case à cocher la plus proche : c’est souvent là que se trouve le chantier le plus rentable.
Étape 2 : calculer le profil global
Les six niveaux s’additionnent en un total compris entre 6 et 24. De 6 à 9, le profil Explorateur appelle à sécuriser les premiers usages ; de 10 à 14, le Pionnier doit relier ses initiatives dans un programme cohérent ; de 15 à 19, l’Accélérateur doit industrialiser ; de 20 à 24, le Transformateur réinvente processus, offres et modèle opérationnel.
Étape 3 : repérer le plancher et le point d’appui
La dimension plancher a la note la plus basse ; à égalité, on retient celle qui expose le plus l’organisation : Gouvernance et risques, puis Données et outils, puis Stratégie et pilotage. Le point d’appui est la dimension la mieux notée, dont on se sert comme levier. Un écart de 2 ou plus entre les deux signale un déséquilibre à traiter avant d’étendre quoi que ce soit.
Étape 4 : dessiner le radar
Chaque niveau est reporté sur son axe, puis les six points sont reliés : hexagone régulier et petit, étoile déséquilibrée ou forme large et régulière. Le dessin est conservé pour être comparé au semestre suivant.
Partie 4. L’atelier de 90 minutes
Qui réunir
Six à huit personnes : le sponsor membre de la direction, le responsable formation ou le DRH, un représentant de la DSI, un ou deux responsables métiers, le juridique ou la conformité, et un animateur distinct du sponsor. Au-delà, la séance dérive en présentation ; en deçà, il manque des preuves.
Avant la séance
Chaque participant reçoit la grille et la feuille de notation individuelle une semaine avant, la remplit seul en 20 minutes et apporte les preuves de son périmètre. L’animateur collecte les feuilles la veille et prépare le tableau des écarts : pour chaque dimension, la note la plus basse, la plus haute et la médiane.
Les pièges habituels
Le kit décrit cinq pièges et leur parade : la note du pionnier, quand le métier le plus avancé note l’organisation à son propre niveau ; la note du prescripteur, d’où la règle de faire noter le sponsor en dernier ; le débat sur les mots, tranché par la question de vérification ; la liste de courses, limitée à deux chantiers ; le radar plat, car le niveau 2 aussi doit être prouvé.
Partie 5. Lire le profil
Les six profils fréquents
Chaque profil se reconnaît à la forme du radar : l’archipel (Usages à 3 ou plus, Stratégie à 2 ou moins), la forteresse (Gouvernance à 3 ou plus, Adoption à 2 ou moins), le feu de paille (Adoption à 3 ou plus, Usages à 2 ou moins), le laboratoire (Agents à 3 ou plus, Données ou Gouvernance à 2 ou moins), la déclaration (Stratégie à 3 ou plus, tout le reste à 2 ou moins) et l’équilibre (écart de 1 au plus entre toutes les dimensions). Pour chacun, le kit donne le risque et la lecture à en faire.
Choisir les deux chantiers
Le premier chantier relève la dimension plancher d’un niveau, pas plus. Le second est le passage le plus proche : la dimension où il ne manque qu’un descripteur pour changer de niveau. Un chantier bien formulé tient en une ligne : un verbe, un périmètre, un responsable, une échéance, un signal observable.
Partie 6. Passer au niveau suivant
Pour chaque dimension, trois transitions, avec le chantier qui fait franchir le seuil et le signal observable qui prouve qu’il est franchi. La grille ne récompense pas les sauts de deux niveaux.
De 1 à 2 : Embarquer
Sensibiliser largement et recruter des volontaires (signal : 10 % des collaborateurs utilisent l’IA chaque semaine), identifier trois cas à valeur rapide dans un métier volontaire, fournir un outil sécurisé à une population pilote, diffuser des consignes minimales de prudence et nommer un sponsor qui présente une note d’intention à la direction.
De 2 à 3 : Maîtriser
Construire un parcours structuré avec mise en pratique et nommer un réseau de relais (signal : 30 % d’usage hebdomadaire), documenter les cas d’usage avec un indicateur chacun, lancer un pilote d’agent avec un superviseur nommé, rédiger la charte avec le juridique, la DSI et les métiers, et formaliser l’ambition avec un budget et des instances.
De 3 à 4 : Déléguer et transformer
Décliner les parcours par niveau et par métier (signal : 60 % d’usage hebdomadaire), piloter un portefeuille de plus de dix cas en routine, opérer des workflows humains-agents mesurés, équiper un nouvel arrivant dès le premier jour, traiter un incident simulé en moins d’une heure et obtenir de la direction une décision d’arbitrage par trimestre, écrite et suivie.
Les annexes
Six annexes : la feuille de notation individuelle, le modèle de compte rendu d’atelier, la grille de suivi semestriel, la correspondance avec le diagnostic en ligne, les questions fréquentes et les ressources pour aller plus loin.
Annexe B. Modèle de compte rendu d’atelier
Une page envoyée aux participants dans les 48 heures, qui sert de référence pour la revue à 90 jours : notation retenue avec sa preuve et l’écart entre participants, profil global, plancher, point d’appui, puis les deux chantiers avec responsable, échéance, signal de réussite et première étape sous 15 jours.
Annexe C. Grille de suivi semestriel
La même notation est refaite tous les six mois par le même groupe, et se lit dimension par dimension. Trois questions à chaque notation : le plancher a-t-il monté d’un niveau, l’écart entre point d’appui et plancher s’est-il réduit, une dimension a-t-elle baissé ? Un niveau se gagne en général en deux à quatre semestres sur une dimension donnée.
Annexe D. Correspondance avec le diagnostic en ligne
Le diagnostic en ligne NextStart.AI pose 22 questions sur les six mêmes piliers et rend un score sur 100. Chaque question propose quatre réponses qui correspondent aux quatre niveaux de la grille, et une dimension notée 3 dans la grille correspond à un pilier compris entre 60 et 80 sur 100.
Téléchargez la Grille de maturité IA (Word, gratuit)
26 pages : la grille complète, la feuille de notation, l’atelier de 90 minutes et six annexes prêtes à remplir. Extrait de La Méthode NextStart, notre méthode d’adoption de l’IA à l’échelle d’une organisation.
- Six dimensions, quatre niveaux, des descripteurs observables
- Les preuves à demander avant de se noter
- Feuille de notation, radar et lecture du profil
- Déroulé d’un atelier de direction de 90 minutes
7. Questions fréquentes
Faut-il noter l’organisation entière ou une entité ?
Le périmètre qui correspond au pouvoir de décision du sponsor présent. Une direction métier peut se noter seule si elle décide de ses outils, de ses formations et de ses règles. Sinon, c’est l’organisation qui fournit ces trois choses que l’on note. Le périmètre retenu s’inscrit sur le compte rendu, sans quoi la comparaison au semestre suivant ne veut rien dire.
Quelle différence avec votre diagnostic de maturité en ligne ?
Le diagnostic en ligne pose 22 questions en six minutes et rend un score sur 100 avec un radar : c’est une photographie individuelle, utile pour préparer la séance. La grille donne un constat collectif, prouvé, en 90 minutes. Les deux reposent sur les six mêmes piliers et l’annexe D du kit donne la correspondance exacte entre les niveaux de la grille et les scores du diagnostic.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Vingt minutes pour une notation individuelle en lecture rapide, 90 minutes pour l’atelier de direction qui produit un constat partagé et deux chantiers, 45 minutes pour la notation de suivi tous les six mois. La préparation demande une semaine de délai, le temps que chaque participant note de son côté et réunisse ses preuves.
La grille s’applique-t-elle à une PME ?
Oui, avec les mêmes descripteurs. Les preuves sont plus simples à réunir et l’atelier peut se tenir avec quatre personnes. Le niveau 4 sur la dimension Stratégie et pilotage y est même plus accessible que dans un grand groupe, la direction étant proche du terrain.
À quel rythme progresse-t-on ?
Dans les organisations que nous accompagnons, un niveau se gagne en général en deux à quatre semestres sur une dimension donnée, plus vite sur la gouvernance (c’est surtout un travail de rédaction et de diffusion), plus lentement sur l’adoption et sur les agents (c’est un travail sur les pratiques). Progresser d’un niveau sur deux dimensions par an est un bon rythme.
Quelle place tient l’AI Act dans la notation ?
Il apparaît dans la dimension Gouvernance et risques, au niveau 4, dans le cadre opérationnel attendu. L’obligation de maîtrise de l’IA prévue à l’article 4 du règlement européen, devenue une obligation de moyens avec le règlement omnibus (UE) 2026/1744, concerne toute organisation qui déploie des systèmes d’IA auprès de ses collaborateurs ; le dispositif de formation et la charte sont les deux endroits où elle se traduit concrètement. La grille est un outil d’orientation et ne constitue pas un avis juridique.
8. Aller plus loin
La grille produit un constat et deux chantiers ; elle ne les conduit pas à votre place. NextStart.AI intervient sur les deux suites naturelles : le diagnostic Choisir vos cas d’usage, quand le constat doit être approfondi direction par direction avec les métiers, la DSI, les RH et le juridique, et le cadrage du programme IA, quand les chantiers deviennent une trajectoire à budgéter. Selon la dimension que la grille désigne comme plancher, les formats diffèrent : acculturation du comité de direction pour la stratégie, Prompt Party et ambassadeurs IA pour l’adoption, Agent Party (1 h ou ½ journée) pour les agents, charte des usages pour la gouvernance.
À lire aussi : Kit Feuille de route d’adoption de l’IA en 12 mois, Charte IA en entreprise : le modèle 2026 à télécharger, Réseau d’ambassadeurs IA : le kit 2026, Manager une équipe face à l’IA : le kit 2026 et Gouvernance des systèmes d’IA : le kit 2026.
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9. Sources
La grille s’appuie sur La Méthode NextStart. Les références réglementaires citées sur cette page renvoient aux sources suivantes.
- Union européenne, Règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle (article 4, maîtrise de l’IA).
- Union européenne, Règlement (UE) 2026/1744 (omnibus IA), adopté le 8 juillet et publié le 24 juillet 2026, modifiant notamment l’article 4 du règlement (UE) 2024/1689, en vigueur depuis le 27 juillet 2026.
- Commission européenne, AI Literacy – Questions & Answers, mise à jour du 27 juillet 2026.
